| Ivan Illich - Énergie et Équité
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CHAPITRE I - La crise de l'énergie
Aujourd'hui il est devenu inévitable de parler d'une crise de l'énergie
qui nous menace. Cet euphémisme cache une contradiction et consacre une
illusion. Il masque la contradiction inhérente au fait de vouloir
atteindre à la fois un état social fondé sur l'équité et un niveau
toujours plus élevé de croissance industrielle. Il consacre l'illusion que
la machine peut absolument remplacer l'homme. Pour élucider cette
contradiction et démasquer cette illusion, il faut reconsidérer la
réalité que dissimulent les lamentations sur la crise: en fait,
l'utilisation de hauts quanta d'énergie a des effets aussi destructeurs
pour la structure sociale que pour le milieu physique. Un tel emploi de
l'énergie viole la société et détruit la nature.
Les avocats de la crise de l'énergie défendent et répandent une
singulière image de l'homme. D'après leur conception, l'homme doit se
soumettre à une continuelle dépendance à l'égard d'esclaves producteurs
d'énergie qu'il lui faut à grand-peine apprendre à dominer. Car, à moins
d'employer des prisonniers pour ce faire, l'homme a besoin de moteurs
auxiliaires pour exécuter la plus grande partie de son propre travail.
Ainsi le bien-être d'une société devrait se mesurer au nombre de tels
esclaves que chaque citoyen sait commander. Cette conviction est commune
aux idéologies opposées qui sont en vogue à présent. Mais sa justesse est
mise en doute par l'inéquité, les tourments et l'impuissance partout
manifestes, dès lors que ces hordes voraces d'esclaves dépassent d'un
certain degré le nombre des hommes. Les propagandistes de la crise de
l'énergie soulignent le problème de la pénurie de nourriture pour ces
esclaves. Moi, je me demande si des hommes libres ont vraiment besoin de
tels esclaves.
Les politiques de l'énergie qui seront appliquées dans les dix
prochaines années décideront de la marge de liberté dont jouira une
société en l'an 2000. Une politique de basse consommation d'énergie permet
une grande variété de modes de vie et de cultures. La technique moderne
peut être économe en matière d'énergie, elle laisse la porte ouverte à
différentes options politiques. Si, au contraire, une société se prononce
pour une forte consommation d'énergie, alors elle sera obligatoirement
dominée dans sa structure par la technocratie et, sous l'étiquette
capitaliste ou socialiste, cela deviendra pareillement intolérable.
Aujourd'hui encore, la plupart des sociétés — surtout celles qui sont
pauvres — sont libres d'orienter leur politique de l'énergie dans l'une de
ces trois directions: elles peuvent lier leur prospérité à une forte
consommation d'énergie par tête, ou à un haut rendement de la
transformation de l'énergie, ou encore à la moindre utilisation possible
d'énergie mécanique. La première exigerait, au profit de l'industrie, une
gestion serrée des approvisionnements en carburants rares et destructeurs.
La seconde placerait au premier plan la réorganisation de l'industrie,
dans un souci d'économie thermodynamique. Ces deux voies appellent aussi
d'énormes dépenses publiques pour renforcer le contrôle social et réaliser
une immense réorganisation de l'infrastructure. Toutes deux réitèrent
l'intérêt de Hobbes, elles rationalisent l'institution d'un Léviathan
appuyé sur les ordinateurs. Toutes deux sont à présent l'objet de vastes
discussions. Car le dirigisme rigoureux, comme le métro-express à pilotage
automatique, sont des ornements bourgeois qui permettent de substituer à
l'exploitation écologique une exploitation sociale et psychologique.
Or la troisième possibilité, la plus neuve, est à peine considérée: on
prend encore pour une utopie la conjonction d'une maîtrise optimale de la
nature et d'une puissance mécanique limitée. Certes, on commence à
accepter une limitation écologique du maximum d'énergie consommée par
personne, en y voyant une condition de survie, mais on ne reconnaît pas
dans le minimum d'énergie acceptable un fondement nécessaire à tout ordre
social qui soit à la fois justifiable scientifiquement et juste
politiquement. Plus que la soif de carburant, c'est l'abondance d'énergie
qui mené a l'exploitation. Pour que les rapports sociaux soient placés
sous le signe de l'équité, il faut qu'une société limite d'elle-même la
consommation d'énergie de ses plus puissants citoyens. La première
condition en est une technique économe en énergie, même si celle-ci ne
peut garantir le règne de l'équité. De plus, cette troisième possibilité
est la seule qui s'offre à toutes les nations: aujourd'hui, aucun pays ne
manque de matières premières ou de connaissances nécessaires pour réaliser
une telle politique en moins d'une génération. La démocratie de
participation suppose une technique de faible consommation énergétique
et, réciproquement, seule une volonté politique de décentralisation peut
créer les conditions d'une technique rationnelle.
On néglige en général le fait que l'équité et l'énergie ne peuvent
augmenter en harmonie l'une avec l'autre que jusqu'à un certain point. En
deçà d'un seuil déterminé d'énergie par tête, les moteurs améliorent les
conditions du progrès social. Au-delà de ce seuil, la consommation
d'énergie augmente aux dépens de l'équité. Plus l'énergie abonde, plus le
contrôle de cette énergie est mal réparti. Il ne s'agit pas ici d'une
limitation de la capacité technique à mieux répartir ce contrôle de
l'énergie, mais de limites inscrites dans les dimensions du corps humain,
les rythmes sociaux et l'espace vital.
On croit souvent trouver un remède universel à ces maux dans
l'hypothèse de carburants non polluants et disponibles en abondance, mais
c'est là retourner au sophisme politique qui imagine pouvoir accorder,
dans certaines conditions politiques, le règne d'une équité et d'une
consommation d'énergie également illimitées. On confond bien-être et
abondance énergétique, telle que l'énergie nucléaire la promet pour 1990.
Si nous acceptons cette vue illusoire, alors nous tendrons à négliger
toute limitation énergétique socialement motivée et à nous laisser
aveugler par des considérations écologiques: nous accorderons à
l'écologiste que l'emploi de forces d'origine non physiologique pollue
l'environnement, et nous ne verrons pas qu'au-delà d'un certain seuil, les
forces mécaniques corrompent le milieu social. Le seuil de la
désintégration sociale due aux grandes quantités d'énergie est indépendant
du seuil auquel la transformation de l'énergie se retourne en destruction
physique. Ce seuil, exprimé en kwh ou en calories, est sans doute peu
élevé. Le concept de quanta d'énergie socialement critiques doit d'abord
être élucidé en théorie avant qu'on puisse discuter la question politique
de la consommation d'énergie à laquelle une société doit limiter ses
membres.
Dans des travaux antérieurs, j'ai montré qu'au-delà d'une certaine
valeur du PNB, les frais du contrôle social croissent plus vite que ledit
PNB et deviennent l'activité institutionnelle qui détermine toute
l'économie. La thérapie que dispensent éducateurs, psychiatres et
travailleurs sociaux, doit venir s'ajouter aux programmes établis par les
planificateurs, les gestionnaires et les directeurs de vente, et
compléter l'action des services de renseignements, de l'armée et de la
police. Mon analyse de l'industrie scolaire avait pour objet de le prouver
dans un domaine restreint. Ici je voudrais avancer une raison de ce que
plus d'énergie consommée demande plus de domination sur autrui. Je
prétends qu'au-delà d'un niveau critique de consommation d'énergie par
tête, dans toute société, le système politique et le contexte culturel
doivent dépérir. Dès que le quantum critique d'énergie consommée par
personne est dépassé, aux garanties légales qui protégeaient les
initiatives individuelles concrètes on substitue une éducation qui sert
les visées abstraites d'une technocratie. Ce quantum marque la limite où
l'ordre légal et l'organisation politique doivent s'effondrer, où la
structure technique des moyens de production fait violence à la structure
sociale.
Même si on découvrait une source d'énergie propre et abondante, la
consommation massive d'énergie aurait toujours sur le corps social le
même effet que l'intoxication par une drogue physiquement inoffensive,
mais psychiquement asservissante. Un peuple peut choisir entre la
méthadone et une désintoxication volontaire dans la solitude, entre le
maintien de l'intoxication et une victoire douloureuse sur le manque, mais
nulle société ne peut s'appuyer là-dessus pour que ses membres sachent en
même temps agir de façon autonome et dépendre d'une consommation
énergétique toujours en hausse. A mon avis, dès que le rapport entre force
mécanique et énergie métabolique dépasse un seuil fixe déterminable, le
règne de la technocratie s'instaure. L'ordre de grandeur où ce seuil se
place est largement indépendant du niveau technique atteint, pourtant
dans les pays assez riches et très riches sa seule existence semble
reléguée au point aveugle de l'imagination sociale.
Comme les États-Unis, le Mexique a dépassé ce seuil critique; dans les
deux cas, tout input supplémentaire d'énergie ne fait qu'augmenter
l'inégalité, l'inefficacité et l'impuissance. Bien que le revenu par
habitant atteigne dans le premier pays 5 000 dollars et dans le second 500
dollars, les énormes intérêts investis dans l'infrastructure industrielle
les poussent tous deux à accroître encore leur consommation d'énergie. Les
idéologues américains ou mexicains donnent à leur insatisfaction le nom de
crise de l'énergie, et les deux pays s'aveuglent pareillement sur le fait
que ce n'est pas la pénurie de carburants, ni l'utilisation gaspilleuse,
irrationnelle et nuisible à l'environnement de l'énergie disponible qui
menacent la société, mais bien plutôt les efforts de l'industrie pour
gaver la société de quanta d'énergie qui inévitablement dégradent,
dépouillent et frustrent la plupart des gens. Un peuple peut être
suralimenté par la surpuissance de ses outils tout aussi bien que par la
survaleur calorique de sa nourriture, mais il s'avouera plus difficilement
la sursaturation énergétique que la nécessité de changer de régime
alimentaire.
La quantité d'énergie consommée par tête qui représente un seuil
critique pour une société, se place dans un ordre de grandeur que peu de
nations, sauf la Chine de la révolution culturelle, ont pris en
considération. Cet ordre de grandeur dépasse largement le nombre de kwh
dont disposent déjà les quatre cinquièmes de l'humanité, et il reste très
inférieur à l'énergie totale que commande le conducteur d'une petite
voiture de tourisme. Ce chiffre apparaît, aux yeux du sur-consommateur
comme a ceux du sous-consommateur, comme dépourvu de sens. Pour les
anciens élèves de n'importe quel collège, prétendre limiter le niveau
d'énergie revient à détruire l'un des fondements de leur conception du
monde. Pour la majorité des Latino-Américains, atteindre ce même niveau
d'énergie signifie accéder au monde du moteur. Les uns et les autres n'y
parviennent que difficilement. Pour les primitifs, l'abolition de
l'esclavage est subordonnée à l'introduction d'une technique moderne
appropriée; pour les pays riches, le seul moyen d'éviter une exploitation
encore plus dure consiste à reconnaître l'existence d'un seuil de
consommation d'énergie, au-delà duquel la technique dictera ses exigences
à la société. En matière biologique comme en matière sociale, on peut
digérer un apport calorique tant qu'il reste dans la marge étroite qui
sépare assez de trop.
La soi-disant crise de l'énergie est un concept politiquement ambigu.
Déterminer la juste quantité d'énergie à employer et la façon adéquate de
contrôler cette même énergie, c'est se placer à la croisée des chemins. A
gauche, peut-être un déblocage et une reconstruction politique d'où
naîtrait une économie post-industrielle fondée sur le travail personnel,
une basse consommation d'énergie et la réalisation concrète de l'equité. A
droite, le souci hystérique de nourrir la machine redouble l'escalade de
la croissance solidaire de l'institution et du capital et n'offre pas
d'autre avenir qu'une apocalypse hyper-industrielle. Choisir la première
voie, c'est retenir le postulat suivant: quand la dépense d'énergie par
tête dépasse un certain seuil critique, l'énergie échappe au contrôle
politique. Que des planificateurs désireux de maintenir la production
industrielle à son maximum promulguent une limitation écologique à la
consommation d'énergie ne suffira pas à éviter l'effondrement social. Des
pays riches comme les États-Unis, le Japon ou la France ne verront pas le
jour de l'asphyxie sous leurs propres déchets, simplement parce qu'ils
seront déjà morts dans un coma énergétique. A l'inverse, des pays comme
l'Inde, la Birmanie ou, pour un temps encore, la Chine sont assez musclés
pour savoir s'arrêter juste avant le collapsus. Ils pourraient dès à
présent décider de maintenir leur consommation d'énergie au-dessous de ce
seuil que les riches devront aussi respecter pour survivre.
Choisir un type d'économie consommant un minimum d'énergie demande aux
pauvres de renoncer à leurs lointaines espérances et aux riches de
reconnaître que la somme de leurs intérêts économiques n'est qu'une
longue chaîne d'obligations. Tous devraient refuser cette image fatale de
l'homme en esclavagiste qu'installe aujourd'hui la faim, entretenue par
les idéologies, d'une quantité croissante d'énergie. Dans les pays où le
développement industriel a fait naître l'abondance, la crainte de la
crise de l'énergie suffit à augmenter les impôts bientôt nécessaires pour
que des méthodes industrielles nouvelles, plus propres et davantage
encore porteuses de mort remplacent celles qu'a rendues désuètes une
surexpansion dépourvue d'efficacité. Aux leaders des peuples que ce même
processus d'industrialisation a dépossédés, la crise de l'énergie sert
d'alibi pour centraliser la production, la pollution et le pouvoir de
contrôle, pour chercher, dans un sursaut désespéré, à égaler les pays
mieux pourvus de moteurs. Maintenant les pays riches exportent leur crise
et prêchent aux petits et aux pauvres le nouvel évangile du culte puritain
de l'énergie. En semant dans le tiers monde la nouvelle thèse de
l'industrialisation économe en énergie, on apporte plus de maux aux
pauvres qu'on ne leur en enlève, on leur refile les produits coûteux
d'usines déjà démodées. Dès qu'un pays pauvre accepte la doctrine que plus
d'énergie bien gérée fournira toujours plus de biens à plus de gens, il
est aspiré dans la course à l'esclavage par l'augmentation de la
production industrielle. Quand les pauvres acceptent de moderniser leur
pauvreté en devenant dépendants de l'énergie, ils renoncent
définitivement à la possibilité d'une technique libératrice et d'une
politique de participation: à leur place, ils acceptent un maximum de
consommation énergétique et un maximum de contrôle social sous la forme
de l'éducation moderne.
A la paralysie de la société moderne, on donne le nom de crise de
l'énergie; on ne peut la vaincre en augmentant l'input d'énergie. Pour la
résoudre, il faut d'abord écarter l'illusion que notre prospérité dépend
du nombre d'esclaves fournisseurs d'énergie dont nous disposons. A cet
effet, il faut déterminer le seuil au-delà duquel l'énergie corrompt, et
unir toute la communauté dans un procès politique qui atteigne ce savoir
et fonde sur lui une auto-limitation. Parce que ce genre de recherche va à
l'opposé des travaux actuels des experts comme des institutions, je lui
donne le nom de contre-recherche. Elle compte trois étapes. D'abord la
nécessité de limiter la consommation d'énergie par tête doit être
reconnue comme un impératif théorique et social. Ensuite il faut
déterminer l'intervalle de variation où se situent ces grandeurs
critiques. Enfin chaque société doit fixer le degré d'injustice, de
destruction et d'endoctrinement que ses membres sont prêts à accepter
pour le plaisir d'idolâtrer les machines puissantes et de se plier
docilement aux injonctions des experts.
La nécessité de conduire une recherche politique sur la consommation
d'énergie socialement optimale peut être illustrée sur l'exemple de la
circulation. D'après Herendeen, les États-Unis dépensent 42 % de leur
énergie totale pour les voitures: pour les fabriquer, les entretenir,
chercher une place où les garer, faire un trajet ou entrer en collision.
La plus large part de cette énergie est utilisée au transport des
personnes. Dans cette seule intention, 250 millions d'Américains dépensent
plus de carburant que n'en consomment, tous ensemble, les 1 300 millions
de Chinois et d'Indiens. Presque toute cette énergie est brûlée en une
immense danse d'imploration, pour se concilier les bienfaits de
l'accélération mangeuse-de-temps. Les pays pauvres dépensent moins
d'énergie par personne, mais au Mexique ou au Pérou on consacre à la
circulation une plus grande part de l'énergie totale qu'aux États-Unis, et
cela pour le seul profit d'une plus faible minorité de la population. Le
volume de cette activité la rend commode et significative pour que soit
démontrée, sur l'exemple du transport des personnes, l'existence de quanta
d'énergie socialement critiques.
Dans la circulation, l'énergie dépensée pendant un certain temps se
transforme en vitesse. Aussi le quantum critique prend ici la forme d'une
limite de vitesse. Chaque fois que cette limite a été dépassée, on a vu
s'établir le même processus de dégradation sociale sous l'effet de hauts
quanta d'énergie. Au XIXe siècle, en Occident, dès qu'un moyen de
transport public a pu franchir plus de 25 kilomètres à l'heure, il a fait
augmenter les prix, le manque d'espace et de temps. Le transport motorisé
s'est assuré le monopole des déplacements et il a figé la mobilité
personnelle. Dans tous les pays occidentaux, durant les cinquante années
qui ont suivi la construction du premier chemin de fer, la distance
moyenne parcourue annuellement par un passager (quel que soit le mode de
transport utilisé) a presque été multipliée par cent. Quand ils produisent
plus d'une certaine proportion d'énergie, les transformateurs mécaniques
de carburants minéraux interdisent aux hommes d'utiliser leur énergie
métabolique et les transforment en consommateurs esclaves des moyens de
transport. Cet effet de la vitesse sur l'autonomie de l'homme n'est
affecté que marginalement par les caractéristiques techniques des
véhicules à moteur ou par l'identité des personnes et des groupes qui
détiennent la propriété légale des lignes aériennes, des autobus, des
trains et des voitures. Une vitesse élevée est le facteur critique qui
fait des transports un instrument d'exploitation sociale. Un véritable
choix entre les systèmes politiques et l'établissement de rapports sociaux
fondés sur une égale participation n'est possible que là où la vitesse est
limitée. Instaurer une démocratie de participation, c'est retenir une
technique économe en matière d'énergie. Entre des hommes libres, des
rapports sociaux productifs vont à l'allure d'une bicyclette, et pas plus
vite.
Je voudrais illustrer la question générale d'une consommation d'énergie
ayant sa valeur sociale optimale avec l'exemple précis du transport.
Encore ici me bornerai-je à traiter du transport des personnes, de leurs
bagages et de tout ce qui est indispensable (carburants, matériaux,
outils) à l'entretien des routes et des véhicules. J'omets volontairement
ce qui concerne le transport des marchandises et celui des messages. Bien
que le même schéma d'argumentation soit acceptable dans ces deux derniers
cas, il faudrait donner à la démonstration détaillée un autre tour et je
me réserve d'en traiter ultérieurement.
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